Pour éradiquer les punaises de lit, le Polti Cimex Eradicator domine le Kärcher SC5 grâce à sa vapeur sèche à 180°C qui foudroie les œufs instantanément. Le Kärcher règne en maître sur le nettoyage domestique, mais sa vapeur à 100°C pénètre trop superficiellement les matelas pour éviter une réinfestation.
- Dispositif avec bouchon de sécurité, générateur de vapeur sèche surchauffée jusqu’à 180 degrés contre les punaises de lit
Douze ans de punaises. Des centaines de matelas. Et toujours la même erreur : le client arrive avec son Kärcher flambant neuf, convaincu d’avoir fait le bon choix. Trois semaines plus tard, il me rappelle.
La plupart des particuliers investissent dans un nettoyeur vapeur sans comprendre pourquoi leur traitement échoue. Le problème ne vient pas de leur motivation, mais de la physique. Une punaise de lit meurt à 60°C au point de contact, pas à 60°C en sortie de buse. Cette nuance change absolument tout. Et entre un Polti vendu 750€ et un Kärcher à 450€, l’écart de prix masque une différence de conception qui détermine votre succès ou votre échec. Je vous livre ici ce que j’ai appris sur le terrain sans langue de bois.

1. La physique de l’extermination : pourquoi la température de sortie change tout
La thermodynamique ne négocie pas. Avant de comparer des fiches techniques il faut comprendre ce qui se passe réellement entre la buse de votre appareil et le cœur d’un matelas infesté. Cette section pose les bases scientifiques qui expliquent pourquoi certains appareils fonctionnent et d’autres échouent malgré leur réputation.
Le seuil critique des 60°C : la biologie de la punaise
La punaise de lit (Cimex lectularius) possède une faiblesse exploitable : ses protéines coagulent à partir de 60°C. À cette température, maintenue pendant quelques secondes au point de contact, l’insecte meurt par dénaturation cellulaire. Les œufs, plus résistants car protégés par leur coquille exigent un transfert thermique encore plus intense.

Le piège ? Confondre la température affichée sur l’emballage avec celle qui atteint réellement la punaise. Un appareil annoncé à 100°C perd entre 30 et 50% de sa chaleur avant d’atteindre une cible enfouie à 2 centimètres dans un tissu. Sur un matelas king-size l’hiver dernier, j’ai dû repasser quatre fois avec un SC5 contre un seul passage du Cimex Eradicator. La différence ? L’inertie thermique.
Vapeur sèche (Polti) vs Vapeur saturée (Kärcher) : le danger de l’humidité
Voici le point technique que les vendeurs omettent systématiquement. La nature de la vapeur détermine son efficacité autant que sa température.
| Type de vapeur | Température | Humidité résiduelle | Pénétration tissu | Temps de séchage |
|---|---|---|---|---|
| Vapeur sèche (Polti) | 180°C | < 5% | Profonde (2-3 cm) | Quelques minutes |
| Vapeur saturée (Kärcher) | ~100°C | > 20% | Superficielle (< 1 cm) | 30+ minutes |
La vapeur sèche conserve sa chaleur sur plusieurs centimètres de profondeur. La vapeur saturée, chargée d’humidité, refroidit au contact du tissu et laisse un environnement propice aux moisissures potentiellement favorable à la survie des œufs non atteints.
Le Kärcher SC5 EasyFix intègre la fonction VapoHydro qui mélange eau chaude et vapeur. Parfait pour décoller une tache de graisse sur un carrelage. Désastreux pour un traitement anti-punaises où chaque degré perdu compte.
- Hygiène et propreté : le nettoyeur vapeurSC 5 EasyFix Iron Plug de Kärcher nettoie toutes les surfaces dures de la maison avec une pression de 4,2 bars et élimine jusqu’à 99,99 % des virus et bactéries
Pourquoi trop de pression (bars) peut aggraver votre cas
Paradoxe contre-intuitif : le Kärcher SC5 affiche 4,2 bars contre 4 bars pour le Polti Cimex. Sur le papier, avantage Kärcher. En pratique problème majeur.
Une pression élevée avec une vapeur saturée projette les punaises et leurs œufs au lieu de les tuer sur place. J’ai observé ce phénomène dans un camping-car en 2022 : le client avait « traité » son matelas au Kärcher, dispersant l’infestation vers les coutures du plafonnier. Trois semaines plus tard, rebelote.
La pression doit servir à faire pénétrer la chaleur, pas à souffler les nuisibles vers des cachettes inaccessibles. Le Polti Cimex Eradicator équilibre sa pression (4 bars) avec une température suffisante pour tuer au contact. Le Kärcher disperse ce qu’il ne peut pas éliminer.
Le test de profondeur : ce qui se passe à 2 cm sous le tissu
Oubliez les mesures en sortie de buse. La question décisive : quelle température atteint-on à 2 centimètres de profondeur dans un matelas standard ?
Mes observations confirmées par les retours de collègues hygiénistes montrent un écart considérable. Le Polti maintient une température au-dessus du seuil létal à 2 cm de profondeur. Le Kärcher tombe sous les 55°C, insuffisant pour une coagulation protéique efficace. Ces mesures varient selon la densité du matelas et la vitesse d’application, mais le constat général reste identique d’un chantier à l’autre : le Kärcher laisse des survivants dans les couches profondes.
La chambre d’expansion contrôlée : le secret technologique de Polti
Le Polti Cimex Eradicator n’atteint pas 180°C par magie du moins c’est ce que Polti affirme. J’ai eu des résultats cohérents, mais je n’ai jamais mesuré moi-même en sortie de buse. Son brevet repose sur une chambre d’expansion qui surchauffe la vapeur après sa génération. La vapeur d’eau, déjà produite à haute température, traverse un second étage de chauffe qui élimine l’humidité résiduelle et booste la température.
Résultat vérifié en laboratoire par Pest 2000/3000 : 100% des œufs détruits et 90% des adultes éliminés dès le premier passage. Les avis sur le Cimex Eradicator que j’ai pu collecter auprès de professionnels confirment cette efficacité, à condition de respecter le protocole d’application. Le Kärcher, conçu pour le nettoyage domestique, n’intègre pas cette technologie. Sa vapeur sort à la température de production, point final.
2. Match direct : Cimex Eradicator vs Kärcher SC5 EasyFix
Les spécifications techniques ne suffisent pas à trancher. Cette confrontation directe met en lumière ce que chaque appareil fait réellement et surtout ce qu’il ne fait pas. L’objectif : vous éviter l’erreur des 300€ mal investis.
Polti Cimex : l’arme de guerre thermique à 180°C
Le Cimex Eradicator a été conçu spécifiquement pour l’éradication des punaises de lit. Pas détourné, pas adapté : conçu. Cette intention se traduit dans chaque détail technique.
Avec ses 180°C en sortie de buse et sa vapeur sèche, l’appareil délivre une inertie thermique suffisante pour atteindre le seuil létal au cœur d’un matelas épais. Les tests laboratoires confirment une efficacité de 100% sur les œufs le maillon le plus résistant de la chaîne d’infestation.
Le prix du traitement thermique punaise de lit avec cet équipement ? Entre 710€ et 750€ selon les revendeurs. Un investissement conséquent, mais rentabilisé dès la première infestation évitée. Pour contexte : une intervention professionnelle complète coûte entre 400€ et 800€. Et elle ne garantit pas l’absence de récidive via un bagage ou un meuble d’occasion contaminé.
Les limites constatées après plusieurs années d’usage intensif :
- Autonomie du réservoir limitée pour les grandes surfaces (environ 45 minutes de vapeur continue)
- Poids de l’appareil qui fatigue sur les traitements prolongés
- Accessoires parfois difficiles à trouver en remplacement
Malgré ces points, le Cimex Eradicator demeure ma recommandation systématique pour quiconque veut traiter soi-même avec un taux de réussite maximal.
Kärcher SC5 : le nettoyeur polyvalent détourné de sa fonction
Le Kärcher SC5 EasyFix domine le marché du nettoyage vapeur domestique. Carrelages, joints de salle de bain, vitres : il excelle partout où la propreté prime sur la température de pénétration. Cette polyvalence explique d’ailleurs l’engouement des particuliers qui cherchent une solution « deux en un ».
Pour les punaises de lit, l’appareil devient une arme de défense, pas d’attaque. Sa vapeur saturée à environ 100°C tue les punaises visibles en surface. Les œufs enfouis, les adultes cachés dans les coutures profondes, les individus réfugiés dans les fissures de plinthes : ils survivent.
À 430€-480€, le SC5 semble économique. En réalité, l’investissement paye pour un appareil polyvalent incapable d’accomplir correctement un travail spécialisé. Les forums regorgent de témoignages de particuliers ayant « traité » leur logement au Kärcher… avant de rappeler un professionnel deux mois plus tard.
Le SC5 convient pour un traitement de surface des textiles légers (draps, rideaux), une désinfection complémentaire après une intervention professionnelle, ou un entretien préventif dans les zones à risque. Il ne peut pas éliminer une infestation établie sans assistance chimique ou thermique complémentaire.
Budget serré mais exigence maximale ? Une solution existe méconnue du grand public mais utilisée par certains professionnels indépendants.
3. L’astuce budgétaire : le montage « hybride » pour économiser 200€
Le montage hybride combine le Polti Vaporetto Pro 100 (environ 350€) avec le Pistolet Sani System Gun (environ 180€). Total : 530€ pour atteindre les mêmes 180°C que le Cimex Eradicator.
- PUISSANCE DE LA VAPEUR : avec sa pression de 5 bars, il élimine efficacement la saleté et les taches sur toutes les surfaces lavables. Sa brosse Vaporflexi est efficace pour supprimer la saleté
Le Vaporetto Pro 100 génère une vapeur puissante, et le pistolet Sani System Gun — vendu par Polti comme accessoire de désinfection — intègre la fameuse chambre d’expansion qui surchauffe la vapeur. Résultat : la performance thermique du haut de gamme pour un investissement réduit de 200€.
Les limites de ce montage :
- Ergonomie inférieure au Cimex Eradicator d’origine
- Garantie potentiellement complexe en cas de panne (deux produits distincts)
- Accessoires spécifiques punaises non inclus
Pour un particulier confronté à une infestation modérée dans un studio ou un deux-pièces, ce montage représente le meilleur compromis qualité/prix du marché. Au-delà de 50m², l’investissement direct dans le Cimex Eradicator se justifie par le confort d’utilisation.

4. Protocole d’intervention : les 3 étapes d’un traitement réussi
Posséder le bon appareil ne garantit rien avec une méthode d’application défaillante. Cette section détaille le protocole que j’applique sur chaque chantier les gestes qui font la différence entre une éradication complète et une ré infestation programmée.
Préparation de la zone : l’erreur fatale de l’aspirateur
Le réflexe de la plupart des particuliers avant un traitement vapeur ? Passer l’aspirateur pour « nettoyer » la zone. Grave erreur.
L’aspirateur domestique ne tue pas les punaises il les déplace. Pire : il les stocke dans un sac ou un bac vidé ensuite… en dispersant des individus vivants dans une autre pièce. J’ai vu des infestations se propager d’une chambre à un salon entier à cause de ce geste innocent.
La bonne méthode de préparation :
- Retirer toute la literie et la placer directement dans des sacs poubelle fermés hermétiquement
- Laver ces textiles à 60°C minimum pendant 30 minutes
- Désencombrer la zone de traitement sans déplacer les objets vers d’autres pièces
- Enfin, démonter partiellement le lit (retirer les pieds vissés, écarter le sommier du cadre)
Seulement après cette préparation, le traitement vapeur peut commencer avec une chance réelle de succès.
La règle des 10 cm/seconde : maîtriser le transfert thermique
Voici la donnée technique que peu de fabricants communiquent clairement : la vitesse de déplacement de la buse détermine l’efficacité du traitement autant que la température de l’appareil.
La recommandation professionnelle : 10 centimètres par seconde maximum. Cette vitesse permet un transfert thermique suffisant pour que la chaleur pénètre à travers les premières couches de tissu et atteigne les cachettes en profondeur.
Trop rapide ? La chaleur effleure la surface sans pénétrer. Trop lent ? Risque d’endommager certains textiles synthétiques et perte de temps précieux sur les grandes surfaces.
En pratique, un matelas deux places exige 30 à 45 minutes de traitement vapeur méthodique. Avec le sommier, le cadre de lit et les plinthes environnantes : comptez 1h30 à 2h pour traiter correctement une chambre infestée. Quiconque promet un résultat en 20 minutes méconnaît son métier.
Points critiques : coutures, plinthes et visseries de lit
Les punaises de lit ne se cachent pas au hasard. Elles suivent une logique de survie : proximité du repas (vous), obscurité, et accès à des interstices étroits. Trois zones concentrent la majorité des populations dans une chambre typique.
Les coutures de matelas. Chaque surpiqûre crée une mini-cavité où les femelles pondent. Passez la buse lentement le long de chaque couture, en insistant sur les angles où plusieurs coutures se rejoignent.
Les plinthes et leurs jonctions. L’espace entre la plinthe et le mur constitue une autoroute pour les punaises. Traitez la jointure sur toute sa longueur, en insistant aux angles de la pièce.
Les visseries et assemblages du lit. Les têtes de vis, les chevilles de montage, les encoches de lattes : tous ces éléments offrent des refuges parfaits pour des insectes plats de 5mm. Démontez ce qui peut l’être, traitez les pièces individuellement, puis traitez les zones d’assemblage après remontage.

Le calendrier des passages : pourquoi J+7 et J+15 sont obligatoires
Un seul passage vapeur, même parfaitement exécuté, ne suffit presque jamais. La raison ? Le cycle de vie de la punaise.
Les œufs éclosent en 6 à 10 jours selon la température ambiante. Un œuf pondu la veille du traitement survivra peut-être (s’il était suffisamment enfoui) et donnera naissance à une nymphe une semaine plus tard. Cette nymphe, en trouvant un hôte, deviendra adulte et pondeuse en 5 semaines.
Le protocole minimum que j’applique systématiquement :
- J0 : Premier traitement complet (2h minimum pour une chambre)
- J+7 : Deuxième passage pour éliminer les œufs punaises de lit non atteints et les nymphes issues des survivants
- J+15 : Troisième passage de sécurité et inspection visuelle détaillée
Certains professionnels ajoutent un passage J+21 en cas d’infestation sévère. Les trois passages J0/J+7/J+15 offrent un taux de réussite excellent sur les infestations modérées à moyennes.
Questions Fréquentes
Puis-je utiliser un simple défroisseur vapeur à main ?
Non. Les défroisseurs portatifs délivrent une vapeur à 90-100°C avec une pression insuffisante pour pénétrer les tissus. Les punaises visibles en surface meurent peut-être, mais les œufs et les individus cachés survivent. Ces appareils détendent des fibres textiles, ils ne les désinfectent pas en profondeur.
Faut-il ajouter un insecticide dans le réservoir d’eau ?
Évitez absolument. Aucun nettoyeur vapeur n’est conçu pour vaporiser des produits chimiques — risque d’endommager l’appareil et d’annuler la garantie. Les insecticides nécessitent un contact prolongé avec l’insecte, incompatible avec la logique du traitement vapeur. Appliquez l’insecticide au sol et dans les fissures après le passage vapeur, pas pendant.
Location ou achat : quelle rentabilité ?
Tout dépend de la surface et du nombre de passages prévus. La location d’un Polti Cimex Eradicator coûte entre 80€ et 120€ la journée. Pour un protocole complet (3 passages), comptez 240€ à 360€ de location. L’achat à 750€ devient rentable dès la deuxième infestation, ou dans un immeuble où le risque de réinfestation externe reste élevé.
Comment savoir si tous les œufs sont morts après le passage ?
L’inspection visuelle reste le seul moyen fiable. Utilisez une lampe torche puissante et examinez les coutures, les interstices et les plinthes. Les œufs morts deviennent opaques et se décollent facilement. Les œufs viables restent translucides et adhèrent au support. En cas de doute, maintenez le calendrier J+7/J+15 : des nymphes apparaissant lors du deuxième passage signalent un traitement J0 incomplet.
Verdict final : pas de fausse neutralité
Le choix entre Polti et Kärcher pour traiter les punaises de lit n’en est pas vraiment un. Le Kärcher SC5 EasyFix excelle dans son domaine le nettoyage domestique polyvalent mais sa vapeur saturée à 100°C manque de l’inertie thermique nécessaire pour éradiquer une infestation établie.
Le Polti Cimex Eradicator, avec ses 180°C en sortie de buse et sa technologie de chambre d’expansion brevetée, représente l’outil spécialisé que le problème exige. Son prix de 710€-750€ se justifie par une efficacité prouvée (100% des œufs détruits en laboratoire) et une conception pensée pour cette mission précise.
Pour les budgets contraints, le montage hybride Vaporetto Pro 100 + Sani System Gun à 530€ offre les mêmes performances thermiques avec un encombrement supérieur. Investissez dans le bon outil dès le départ. Une réinfestation coûte plus cher en argent, en temps et en sommeil qu’un appareil adapté.
